Volontaires en mission

le blog des volontaires de la Délégation Catholique pour la Coopération
  • Poissons d’avril. En France, la mode des poissons le 1er avril n’arrête pas les grands enfants. Ils seraient ravis de savoir qu’au Tchad, c’est pendant 1 mois complet qu’on peut raconter des histoires à ses amis ! Mais rien de tout ce qui va suivre n’est un poisson…
  • Commérages à la mode Douala. Deux taxis qui se parlent par la fenêtre. Non pas deux amis chauffeurs qui prennent rendez-vous, mais des inconnus qui démarrent une conversation, poursuivie entre tous les occupants du taxi ! C’est ce qu’on appelle le konghossa, le commérage !
  • Y’a pas d’heures pour s’amuser ! Retrouver des amis pour dîner un dimanche soir, 19h30. « Pardon pour mes cernes, ou si je suis un peu sourd, je sors de boîte ». Ne comprenez pas par là qu’il est sorti la veille. Mais que littéralement, il sort à l’instant d’une boite « de nuit » où il a dansé (grâce à quelques Gala, Castell ou Guiness). Oui, les Dancing (ou bars dansants, dits « VIP » au Congo Brazza) -peuvent ouvrir dès 10h le matin, surtout les jours chômés. Ce qui implique deux choses : la moitié des hommes du Quartier peut être bourré dès 16h. Mais également qu’on peut être couché à 23, voire 22h, en ayant passé une grosse soirée ! Sympa non ?
  • Infos africaines. Ecouter RFI (Radio France Internationale), c’est entendre des reportages aussi improbables que « le boom des taxis climatisés au Ghana ».
  • Lexique franco-tchadien. « Prendre la bouche » : Taquiner, titiller, embêter pour énerver un peu. « Les filles, là, elles ont la bouche légère » : elles parlent trop, trop vite !

  • Tu pars trop en mission quand Je ne sais plus remplir les papiers d’embarquement et débarquement dans les aéroports, ou plus précisément les dates de départ et d’arrivée. Qu’est ce qu’une arrivée ou un départ ? Dans quel sens ? Où est mon domicile fixe, à N’Djamena, en France, à Douala ? Si je fais 3 pays en deux semaines, quand on dit « rentrer », c’est pour aller où ?
  • J’ai pris l’accent. Les étudiants, surtout les élèves de Terminale, qui passent dans mon bureau pour s’inscrire au concours ne saisissent pas ce que je leur dis. Je suis obligée de prendre l’accent pour qu’ils me comprennent, en espérant que ce ne soit pas une trop grossière parodie d’accent…
  • Distinguée rencontre. Rencontrer l’ambassadeur du Cameroun à N’Djamena. Recevoir un baisemain « Mes hommages, Madame »… Euh merci M’sieur !
  • « Nassara Africaine », la Blanche à la mode Noire. Je traverse le marché de Moundou. Contre la chaleur, allant à pied, j’ai noué sur ma tête un foulard en pagne, par habitude je le fais à la façon tchadienne.  Ce jour, je n’ai pas eu droit à des concerts de « Nassara bonjour ! », d’enfants hurleurs de « Donne-moi le cadeau » ; mais à un homme qui me dépasse et me hèle, amusé : « Nassara Africaine ! ». ;) Intégrée ? !

  • Prête à tout pour de belles fringues. Ou : la mission catholique, ce n’est plus ce que c’était ! Donner ses mensurations à un ami prêtre, ça c’est fait ! Enfin, j’ai quand même un peu de retenue : à sa demande, j’ai donné mes mesures car il veut me dessiner et me faire coudre habit et chaussures en pagne ivoirien.
  • S’habiller est un acte politique. On connaissait le pagne à l’effigie d’Idriss Déby Itno (Président du Tchad), de Paul Biya (Cameroun), de Denis Sasso (Congo Brazza), même de Jacques Chirac (« ah, la Françafrique !)… Mais le plus beau, orange vif pour ne pas le louper, c’est le pagne de François Bozizé ! En ce début avril, porter une robe dans ce tissu devient un acte politique !
  • Une journée typique, des râleries et des sourires à partager. De mauvais poil, suite à l’abus d’un vendeur (encore un qui a cru que ma peau lui chuchotait hurlait à l’oreille « Fais moi payer trois fois plus cher »), j’ai décidé de vous faire partager les clins d’œil illuminant ma journée. Ces visages sympathiques qui me font oublier les moins nombreux – mais plus voyants – antipathiques. Le vendeur de viande coupée-coupée qui sourit quand je baragouine quelques mots en arabe ; l’homme qui coure avec moi derrière un papier échappé et chahuté par le vent et me le remet avec un sourire super bright ; celui qui se retourne vers moi, me salue avec un grand sourire et… se casse la gueule par la même occasion, sous le rire partagé de ses amis et moi-même (‘ferait mieux de regarder où il met les pieds plutôt que de me faire jouer ma Geisha !) ; le groupe sur la natte morts de rires avec moi quand ils m’observent monter en voiture… puis passer le bras par la fenêtre pour récupérer les clés oubliées sur la portière à l’extérieur ! Et toutes ces attentions, ces sourires, se succèdent en quinze minutes. De quoi peupler une journée de bonheur !

Par Tiphaine

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Mai 2013 – 2

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News 46

Dimanche 5 Mai 2013 – 16h16 – Djodo Gassa

Encore un week-end à Djodo, sûrement le dernier. Je  retrouve la brousse avec joie, les gens sont souriants et accueillants, ils ont souvent peu mais donnent largement en comparaison de leurs moyens matériels.

La saison sèche est dure, chaleur, manque d’eau, disparition partielle de la végétation, pauvreté de l’alimentation, décharnement du paysage… elle a pourtant son charme. La brousse est belle dans la simplicité de sa tenue de saison sèche. La végétation disparue, seuls se détachent les arbres rescapés et les habitations. Tout se détache sur l’horizon, les arbres prennent de la valeur, les puits deviennent réellement les points de rendez-vous vitaux de la population, les animaux s’économisent, minimisant les efforts et exploitant les moindres ressources nutritives, le rythme humain ralenti lui aussi, il se fait lent, réfléchi, réduit au strict nécessaire… si tu n’as rien à faire à quoi bon bouger… seuls les enfants continuent leurs activités dans la spontanéité énergétique mêlée de spontanéité caractéristique de l’enfance.

Ce week-end on a fêté par anticipation les 46 ans du père Antonio et le départ en congés du père Romano. Ce dernier est tout excité de partir en congés, il compte les nuits de chaleur qu’il lui reste à passer avant de retourner en Europe. Il faut dire que pour les missionnaires, normalement, les congés sont de trois mois mais uniquement une fois tous les trois ans ! Autant dire que quand le moment arrive, le missionnaire est fatigué d’attendre et ne sait même plus ce que veut dire être en vacances.

Lundi 6 Mai 2013 – 20h25 – Miséréor

Hier matin il a plu 9mm à Pala, ce n’est pas encore la grosse pluie attendue, environ deux petits degrés en moins mais on a fait encore un bon en avant dans l’humidité. Marta et Jossy sont bien fatiguées, moi aussi, tout le monde en fait j’ai l’impression. J’arrive encore un peu à récupérer après le travail grâce à quelques minutes de sommeil pendant le temps de repos comme on dit ici… ça me permet d’éviter un peu de la période la plus chaude de la journée.

Je m’occupe avec Mathieu d’un petit chantier chez les prêtres tchadiens de Pala. Ça me sort un peu trop souvent de derrière mon ordinateur, je suis bien content mais il me faut avancer plus vite pour terminer tout ce que je dois faire avant de quitter Pala.

Ce matin la piste était mouillée, ça annonce le début de la galère de la saison des pluies sur la piste. Les maigres réparations effectuées sur la grande route (piste en réalité) ne feront pas illusion longtemps. Les gros camions trop chargées vont continuer de creuser les anciens trous et en ouvrir de nouveaux.

Après cette première pluie, c’est incroyable la rapidité avec laquelle les insectes ressortent. On les croyait morts, ils sont désormais là pour nous énerver et nous piquer.

Par Rémi

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Esta es tu VIDA.

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C’est ta VIE.                       Fais ce que tu aimes, et fais le en continu.
                 Si il y a quelque chose que tu n’aimes pas, change le.
                           Si tu n’aimes pas ton travail, laisse le.
                                                                            Si tu n’as pas assez de temps, arrête de regarder la TV.

Ouvre ton esprit, tes bras et ton cœur aux nouvelles choses et personnes, nous sommes unis dans nos différences.

Te perdre t’aidera à trouver.

Vis ton rêve et vestis toi de ta passion.
Par Letcheto

Bonjour à tous,

Aujourd’hui c’est depuis ma Picardie natale que je vous écris cet article qui sera donc le dernier de ce blog.

Je n’ai pas donné de nouvelles depuis novembre dernier. Et il faut dire que beaucoup de choses ce sont précipitées depuis. La décision de partir, les adieux aux copains, au pays, la venue de la famille pendant les deux semaines de vacances de noël…

A ceux qui se demandent et me posent encore la question : pourquoi es tu rentré ? Simplement disons que je ne trouvais plus sur place ce que j’étais venu chercher et d’un point de vue professionnel l’impression de tourner en rond devenait de plus en plus dur a gérer au quotidien.

Je suis donc rentré par une après midi pluvieuse de la mi-janvier. Très heureux de retrouver le froid, la bruine mais aussi tous ces temps d’hiver qui m’avaient tant manqué (bizarre n’est ce pas ???) mais surtout avec la joie de me dire que je rentrai et allait voir les copains.

Je tiens à dire que mon départ du Ghana ne s’est pas fait sans une certaine émotion. Il est toujours difficile de quitter des visages qui ont fait votre quotidien, ces lieux si familiers maintenant. Bref j’ai aimé ce pays, ces gens, cette culture, cette aventure.

D’ici quelques temps je repars en Afrique. Cette fois ci pour la République Démocratique du Congo. Je serai basé à Kinshasa et travaillerai pour l’ONG Santé Tropicale. Je repars sur un contrat d’un an pour un retour au pays en mars 2014 normalement. A ce propos je compte bien continuer a décrire mes péripéties sur un blog (j’avais pensé carnets du Congo sauf si quelqu’un à une meilleure idée ???).

Un grand merci à vous tous d’avoir suivi mes aventures, vous n’avez pas idée à quel point il fut reconfortant pour moi depuis ma brousse de savoir que tant d’entre vous me suiviez, sans parler des messages et commentaires. En un an d’éxistence ce blog aura reçu plus de 3300 visites et plus de 10500 pages ont été consultées. Donc une fois de plus merci à tous.

Je tiens à dédier cet article ainsi que tous les précédents à Marine, amie et en l’occurence lectrice fidèle de mes aventures et avec qui j’aurais tellement voulu partager plus à propos d’un continent si fascinant où le temps, la vie, la mort, et tant d’autres choses n’ont pas les mêmes significations. Et je vais finir mon blog par cette formule qu’elle trouvait ridicule et pour laquelle nombre de fois elle s’est moqué de moi.

Bon vent à tous, à bientôt j’espère. 

Bien à vous.

Par Henri

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« Vous oublierez de dire que la Tunisie a pu vous accueillir et que tout c’est bien passé ». 

Nos taximens nous ont souvent fait ce « reproche », et ont regretté que les médias ne relaient que des informations alarmistes sur leur pays. On leur a beaucoup promis l’inverse. 

Alors je tiens cette promesse, et rends, à ma façon, un peu « Justice » à ce peuple et à ce pays dont, effectivement, nous n’entendons que les « malheurs ». Les tunisiens et la Tunisie ont accueilli ce Forum Social Mondial (FSM) dans de très bonnes conditions. Et reconnaissons aussi que ce pays était le mieux placé pour le recevoir : quelle émotion de remonter de la place du 14 janvier 2011 au Campus universitaire pour la marche d’ouverture. Le chemin inverse qu’ont mené les manifestants qui ont soulevé un espoir pour leur pays et tant d’autres. 

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 Même si nous avons suivi le chemin inverse, il a quand même été beaucoup question d’espoir lors de ce Forum. A l’écoute des différents contextes « nationaux » qui impactent la situation des populations et des migrants qui vivent et traversent le Niger, le Mali, l’Algérie, la Mauritanie (…), c’est parfois ce seul espoir qui permet encore de formuler des recommandations concrètes, des propositions d’avenir, pour que demain nos frères subsahariens ne subissent pas tous les maux d’un Monde en souffrance. 

Car en participant aux différents ateliers organisés sur le thème de la migration, c’est l’impression globale qui ressort : migrants « boucs-émissaires » ici, migrants pris dans des conflits auxquels ils sont étrangers là-bas, migrants suspectés de terrorisme ailleurs. Et face à cela « politiques migratoires », contrôle aux frontières extérieures, coopération internationale des services de police… 

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 La société civile, dans toutes ses composantes et toute sa diversité (Caritas Maroc, Caritas Mexique, CIMADE France, Migreurop, amis du Liban ou du Sinaï…..), a un peu rêvé et beaucoup travaillé pendant quatre jours afin de porter d’autres réponses, de parler de personnes et non de flux, de faire primer la richesse de la diversité sur la richesse des sous-sols. 

Quatre jours pour ensemble se dire que c’est possible. Quatre jours pour dire ensemble qu’inégalités et injustice sociale n’ont pas à être résolues, mais n’ont tout simplement pas lieu d’être. Quatre jours de promesse faites à l’avenir, faites « au nom » et pour des milliards de concitoyens du Monde. 

Et toute une vie professionnelle et personnelle pour bâtir ce Monde Fraternel et Solidaire auquel nous avons rêvé et tenté de contribuer durant ce FSM.  

« Messieurs du courage, encore du courage, toujours du courage » nous dirait Danton, en oubliant accessoirement Mesdames, le meilleur avenir de l’Homme…

Par dcc-pimce

 
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